Comment ouvrir un pitch investisseur qui fait mouche
6 min de lecture
La plupart des fondateurs testent un pitch sur des cofondateurs, des conseillers et des amis, les personnes les plus susceptibles de comprendre déjà ce que fait l’entreprise. Cette boucle de retours peut valider pendant des semaines une ouverture réellement confuse, car personne n’y avait besoin de l’explication au départ. Un fondateur qui a peaufiné un pitch pendant un mois avec les mêmes trois conseillers de confiance peut entrer dans une vraie réunion d’investisseurs avec une phrase d’ouverture que personne n’a jamais entendue sans déjà connaître l’entreprise.
Attention
Quelqu’un qui connaît déjà ton activité ne peut pas te dire si un inconnu la comprendrait. Son hochement de tête n’est pas le test, il y ressemble seulement.
Le pitch qui survit à la lecture de ton cofondateur est celui que tu es le moins équipé pour juger.
Pourquoi des relecteurs familiers ratent une ouverture confuse
Toutes les personnes proches de l’entreprise ont déjà le contexte qui donne du sens au pitch. En lisant la phrase d’ouverture avec ce contexte en tête, une phrase confuse paraît claire, parce que le cerveau de l’auditeur comble le vide sans remarquer qu’il l’a fait. Un cofondateur qui hoche la tête à « nous construisons l’infrastructure de l’économie des créateurs » ne confirme pas que la phrase est claire, il confirme qu’il sait déjà ce qu’elle signifie.
Prends un fondateur qui présente un outil aidant les créateurs indépendants à gérer leurs contrats de partenariats avec des marques. Une ouverture comme « nous construisons l’infrastructure de l’économie des créateurs » passe bien auprès de conseillers qui connaissent déjà le produit précis, car ils complètent mentalement « gestion de contrats » dès qu’ils entendent « infrastructure ». Un investisseur qui l’entend à froid n’a pas ce contexte, et l’expression seule ne lui dit presque rien de concret sur ce que fait réellement l’entreprise ni sur pourquoi cela compte, exactement l’écart que quatre-vingt-dix secondes de pitch ne peuvent pas se permettre.
Avant : faire passer le pitch à un cofondateur ou un conseiller, obtenir un hochement de tête, considérer l’ouverture comme testée.
Après : confier l’ouverture à Claude sans aucun autre contexte, et demander directement si un inconnu comprendrait ce que fait l’entreprise et pourquoi cela compte dans les deux premières phrases.
Une méthode pour tester l’ouverture d’un pitch
- 1
Ne donne à Claude que ce qu’un inconnu entendrait
Colle les vraies lignes d’ouverture, pas une explication plus complète de l’activité. Si tu dois ajouter du contexte pour que Claude comprenne, c’est le même écart que rencontrerait un investisseur dans les dix premières secondes du vrai pitch.
- 2
Demande directement si la proposition de valeur passe en deux phrases
Un vague « est-ce que ça a du sens » appelle une réponse vague. Demande précisément si ce que fait l’entreprise et pourquoi cela compte est clair aussi vite, car c’est le vrai seuil qu’une ouverture de pitch doit franchir avant que l’auditoire décide avec quelle attention écouter le reste.
- 3
Demande une version plus affûtée, pas plus longue
Demande une alternative de même longueur ou plus courte. Une ouverture confuse se corrige rarement en y ajoutant des mots, car le problème est en général le flou, pas la brièveté.
- 4
Dis la version plus affûtée à voix haute avant le vrai pitch
Une ligne qui se lit clairement peut encore trébucher à l’oral, surtout sous la légère pression d’un vrai pitch. Entraîne-toi comme tu la livrerais réellement, au rythme et sur le ton que tu emploierais dans la salle, et pas seulement comme du texte sur une diapositive.
Voici la section problème et solution de mon deck pour un pitch investisseur de 90 secondes. Dis-moi honnêtement si un inconnu comprendrait ce que nous faisons et pourquoi cela compte dans les deux premières phrases, et propose une ouverture plus affûtée.
”Différents investisseurs apportent des a priori différents, il vaut donc la peine de tester la même ouverture face à plus d’un type d’auditeur, car une ligne qui passe nettement auprès d’un fonds généraliste peut encore demander une traduction pour un spécialiste qui évalue selon un seuil plus étroit et plus technique.
Cette ouverture a bien marché auprès d’un investisseur généraliste. Teste-la maintenant comme si l’auditeur était un spécialiste des outils pour l’économie des créateurs qui a vu une douzaine de pitchs semblables. Passe-t-elle encore, ou demande-t-elle une distinction technique plus affûtée ?
”Dans Claude Tutorial
Tester une ouverture face à la compréhension d’un inconnu est transposable.
Vérifier si la première chose qu’on entend passe réellement, au lieu de faire confiance à la réaction de gens qui ont déjà le contexte, vaut bien au-delà des pitchs. L’appli propose une leçon complète à ce sujet, avec une pratique qui se transpose à toute première impression qui compte.
Quand le pitch est clair et que la traction reste mince
Une ouverture affûtée ne peut pas masquer des preuves faibles derrière elle. Si le constat honnête est que la proposition de valeur est claire mais que la traction qui l’appuie est mince, mieux vaut le savoir avant la réunion plutôt que de le découvrir dans les questions-réponses. Un investisseur qui comprend parfaitement le pitch dès les deux premières phrases passera le reste de la réunion à vérifier si les preuves le soutiennent vraiment.
Astuce
Demande directement à Claude si l’ouverture promet plus que la section sur la traction ne peut en soutenir. Un pitch clair qui promet trop est un autre problème qu’un pitch confus, et il demande une autre correction.
L’ouverture est claire maintenant, mais sois honnête : promet-elle plus que ce que soutient la traction que j’ai réellement ? Si oui, dis-moi précisément où se situe l’écart.
”Si un vrai écart apparaît, il vaut souvent mieux resserrer l’affirmation pour la mettre en phase avec les preuves plutôt que de garder la version ambitieuse en espérant que les questions-réponses ne fassent pas ressortir le décalage, car un investisseur qui repère une promesse excessive une fois a tendance à décoter aussi tout le reste du deck.
Tu as repéré un écart entre l’affirmation de l’ouverture et les données de traction. Réécris l’ouverture pour formuler une affirmation que la section sur la traction peut pleinement soutenir, même si elle est plus étroite que l’originale.
”Pour aller plus loin
- Transformer les appels clients en ce qu’il faut construire ensuite : construire la traction et les preuves dont un pitch affûté a besoin derrière lui.
- Rédiger une mise à jour pour les investisseurs qui t’apporte vraiment de l’aide : le même public, un autre moment, une fois qu’ils ont déjà dit oui.
- Bien démarrer avec Claude : les habitudes de fond, contexte, itération, précision, sur lesquelles repose tout ce processus.
